Le document qui décide de l'équivalence

Fiche standardisée d'information —
le document qui décide de tout

C'est le papier qu'on range sans le lire, et c'est pourtant la grille exacte sur laquelle votre banque jugera votre futur contrat. Savoir la lire, c'est savoir à l'avance si une délégation passera ou sera refusée.

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Le rôle

Ce qu'est la FSI et pourquoi elle est déterminante

La fiche standardisée d'information est un document que la banque remet à l'emprunteur. Son objet est simple : exposer, dans un format harmonisé, les caractéristiques de l'assurance proposée et le niveau de garanties exigé pour accorder le prêt.

Son intérêt réel est ailleurs. Comme le niveau exigé y est décrit de façon standardisée, la fiche devient la grille de comparaison entre le contrat de la banque et n'importe quelle offre concurrente. C'est le seul document qui permet de comparer deux contrats sur les mêmes critères plutôt que sur des plaquettes commerciales rédigées différemment.

C'est aussi ce qui rend la substitution opposable. Quand une banque refuse une délégation, elle doit motiver son refus sur un critère précis. Si le contrat proposé satisfait tous les critères listés dans la fiche, le refus devient beaucoup plus difficile à justifier.

La lecture

Comment la lire, critère par critère

Cinq points concentrent l'essentiel de ce qui fera accepter ou refuser un contrat concurrent.

  • Les garanties exigées : décès et PTIA presque toujours, ITT fréquemment, IPT et IPP selon les dossiers. Repérez lesquelles sont exigées et lesquelles sont seulement proposées.
  • Les critères retenus pour chaque garantie : c'est le cœur du sujet. Deux contrats peuvent couvrir l'ITT et diverger totalement sur la définition retenue, le seuil de déclenchement ou le mode d'indemnisation.
  • La quotité demandée : elle figure sur la fiche et doit être reprise à l'identique dans l'offre concurrente, sauf à renégocier également ce point.
  • Le coût total sur la durée : la fiche fait apparaître un coût total, qui est la seule base de comparaison honnête entre deux propositions.
  • Le mode de calcul de la cotisation : capital initial ou capital restant dû : cette mention change complètement la lecture du taux affiché.

Une fois ces cinq points relevés, vous disposez du cahier des charges exact auquel un contrat concurrent doit répondre.

L'équivalence

Équivalence des garanties : ce que la banque compare vraiment

L'équivalence ne s'apprécie pas globalement mais critère par critère. Un contrat moins cher et meilleur sur quatre points sera refusé s'il est en retrait sur le cinquième.

Les points de divergence les plus fréquents entre contrats
Point de comparaisonCe qui varie d'un contrat à l'autre
Définition de l'ITTIncapacité à exercer sa propre profession, ou toute profession — l'écart est considérable
Délai de franchiseLa durée d'arrêt avant toute prise en charge
Mode d'indemnisationForfaitaire selon la quotité, ou indemnitaire selon la perte de revenus réelle
Seuil d'invaliditéLe taux à partir duquel la garantie se déclenche
ExclusionsAffections dorsales et psychologiques notamment, souvent traitées à part
Âge limite de garantieL'âge au-delà duquel certaines garanties cessent

Ce sont ces lignes, et non le prix, qui décident de l'acceptation. Les traiter avant d'envoyer le dossier évite l'essentiel des refus.

L'obtenir

Comment la récupérer si vous ne l'avez plus

La fiche est remise lors de la phase de proposition du prêt. Beaucoup d'emprunteurs la reçoivent dans une liasse volumineuse, la rangent, et ne s'y intéressent que des années plus tard, au moment de vouloir changer d'assurance.

Si vous ne la retrouvez pas, demandez-la à votre banque : elle dispose de votre dossier et le document peut être réédité. À défaut, les conditions générales de votre contrat actuel et l'offre de prêt permettent de reconstituer l'essentiel des critères exigés, même si l'exercice est moins direct.

Le bon réflexe, quand on envisage une substitution, est de commencer par là. Chercher un contrat moins cher avant de savoir ce que la banque exige revient à travailler à l'aveugle — et c'est la première cause de refus évitable.

Les erreurs

Quatre erreurs qui font refuser une délégation

Chercher le contrat avant de lire la fiche

C'est l'ordre inverse du bon. Sans connaître les critères exigés, on compare des prix sans savoir si l'offre sera recevable, et on découvre le problème au refus.

Comparer les taux plutôt que les coûts totaux

Un taux sur capital initial et un taux sur capital restant dû ne se comparent pas. Seul le coût total sur la durée restante permet un arbitrage honnête.

Négliger la définition de l'ITT

C'est le critère qui fait le plus de refus. Un contrat qui couvre l'incapacité à exercer toute profession n'équivaut pas à un contrat qui couvre l'incapacité à exercer la sienne.

Résilier avant d'avoir l'accord

Tant que l'avenant au contrat de prêt n'est pas édité, la substitution n'est pas acquise. Résilier en avance crée un trou de couverture parfaitement évitable.

Après l'envoi

Ce qui se passe après l'envoi du dossier

Une fois la demande de substitution adressée avec le nouveau contrat et ses conditions générales, la banque instruit le dossier et doit se prononcer. Deux issues seulement : l'acceptation, qui se matérialise par un avenant au contrat de prêt, ou un refus qui doit être motivé.

Un refus motivé est une information utile, pas une fin de parcours. Le motif désigne un critère précis de la fiche standardisée sur lequel le contrat proposé est en retrait. Corriger ce point, ou choisir un contrat qui le satisfait, permet de représenter le dossier sans repartir de zéro.

Tant que l'avenant n'est pas édité, l'ancien contrat reste en vigueur et doit le rester. C'est le seul point sur lequel il n'y a aucune souplesse : une résiliation anticipée met le prêt en défaut de couverture, ce qui expose l'emprunteur bien plus que la surprime qu'il cherchait à éviter.

Groupe ou délégation

Ce que la fiche révèle du contrat de la banque

Lue attentivement, la fiche ne sert pas seulement à préparer une délégation : elle en dit long sur le contrat groupe que la banque propose. Le mode de calcul de la cotisation, le niveau de garanties réellement inclus et le coût total affiché donnent une image précise de ce qu'on vous vend.

Un contrat groupe mutualise le risque sur l'ensemble des emprunteurs de l'établissement. Cela avantage les profils les moins favorables, qui obtiennent des conditions qu'ils n'auraient pas ailleurs, et pénalise mécaniquement les profils jeunes, non-fumeurs et sans antécédent, qui financent la mutualisation. C'est la raison structurelle pour laquelle la délégation est souvent gagnante sur ces profils.

La fiche permet donc un diagnostic rapide : si le contrat groupe est correctement placé, la comparaison le montrera et vous resterez où vous êtes en connaissance de cause. S'il ne l'est pas, elle vous donne exactement la cible à atteindre pour en sortir.

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Questions fréquentes

Fiche standardisée d'information,
vos questions

Elle expose, dans un format harmonisé, les caractéristiques de l'assurance proposée et le niveau de garanties que la banque exige pour accorder le prêt. C'est la grille sur laquelle sera jugé tout contrat concurrent que vous présenterez.

Demandez-la à votre banque, qui dispose de votre dossier et peut rééditer le document. À défaut, les conditions générales de votre contrat actuel et l'offre de prêt permettent de reconstituer l'essentiel des critères exigés.

Non, critère par critère. Un contrat meilleur sur quatre points et en retrait sur le cinquième sera refusé. C'est précisément pourquoi il faut lire la fiche avant de chercher un contrat, et non l'inverse.

La définition de l'ITT — incapacité à exercer sa propre profession ou toute profession — arrive largement en tête. Viennent ensuite le délai de franchise, le mode d'indemnisation forfaitaire ou indemnitaire, le seuil d'invalidité et le traitement des affections dorsales et psychologiques.

Elle doit motiver son refus. Ce motif désigne un critère précis, ce qui vous indique exactement quoi ajuster dans le contrat avant de représenter le dossier.

Oui, sauf à renégocier ce point séparément avec la banque. La quotité figure sur la fiche et fait partie des exigences à satisfaire pour que la substitution soit acceptée.

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