Taux d'assurance emprunteur —
ce que le pourcentage cache
Deux devis affichent 0,10 % et 0,34 %. Le premier n'est pas trois fois moins cher : il se calcule sur une autre base. Tant que vous n'avez pas ramené les deux au même dénominateur, vous comparez deux chiffres qui ne parlent pas de la même chose.
Le TAEA, seul chiffre réellement comparable
Le taux annuel effectif de l'assurance est la mesure imposée aux prêteurs et aux assureurs pour exprimer le coût de l'assurance emprunteur. Il rapporte le coût total de l'assurance au capital emprunté et à la durée, exactement comme le TAEG le fait pour le crédit. C'est le seul chiffre que deux offres peuvent afficher sur la même échelle.
Le taux nominal affiché en gros sur une plaquette n'a pas cette propriété. Il dépend d'une base de calcul que la plaquette ne précise pas toujours, d'une quotité qui peut être de 100 % ou de 50 %, et d'un périmètre de garanties qui varie. Trois variables cachées derrière un seul pourcentage.
Le réflexe utile tient en une phrase : demandez le coût total en euros sur toute la durée du prêt. Un montant en euros ne se prête à aucune ambiguïté. C'est d'ailleurs pour cette raison que la fiche standardisée d'information doit le mentionner, à côté du TAEA.
Capital initial ou capital restant dû : la même façade, deux factures
Les contrats groupe des banques calculent le plus souvent la cotisation sur le capital initial. Vous payez chaque mois le même montant, du premier au dernier échéancier, quel que soit ce qu'il vous reste à rembourser. La cotisation ne baisse jamais.
Les contrats en délégation calculent généralement sur le capital restant dû. La cotisation suit l'amortissement : élevée au début, elle décroît année après année à mesure que la dette diminue. Sur la seconde moitié d'un prêt, l'écart devient considérable.
D'où le paradoxe des taux affichés. Un contrat à 0,34 % sur capital restant dû peut coûter moins cher au total qu'un contrat à 0,25 % sur capital initial, parce que l'assiette du premier fond avec le temps quand celle du second reste figée. Comparer les deux pourcentages sans regarder la base mène à la mauvaise décision.
Une nuance honnête : sur les toutes premières années, le contrat sur capital restant dû peut coûter davantage par mois. Si votre horizon est une revente à cinq ans plutôt qu'un prêt mené à terme, refaites le calcul sur votre durée de détention réelle, pas sur la durée contractuelle.
Les taux constatés en 2026 par tranche d'âge
Taux annuels appliqués sur le capital emprunté, pour une quotité de 100 %, en couverture décès, PTIA et incapacité de travail. Le contrat groupe bancaire mutualise et lisse, la délégation individualise, ce qui avantage nettement les profils jeunes et sains.
| Âge à la souscription | Délégation, non-fumeur | Délégation, fumeur | Contrat groupe bancaire |
|---|---|---|---|
| 25 à 30 ans | 0,07 – 0,12 % | 0,13 – 0,22 % | 0,28 – 0,36 % |
| 31 à 35 ans | 0,09 – 0,15 % | 0,17 – 0,28 % | 0,30 – 0,38 % |
| 36 à 40 ans | 0,13 – 0,21 % | 0,24 – 0,38 % | 0,32 – 0,42 % |
| 41 à 45 ans | 0,19 – 0,30 % | 0,34 – 0,52 % | 0,36 – 0,46 % |
| 46 à 50 ans | 0,27 – 0,42 % | 0,48 – 0,72 % | 0,40 – 0,52 % |
| 51 à 55 ans | 0,38 – 0,60 % | 0,68 – 1,00 % | 0,45 – 0,60 % |
| 56 ans et plus | 0,55 – 0,95 % | 0,95 – 1,50 % | 0,52 – 0,75 % |
Notez le croisement des colonnes après 50 ans. Le contrat groupe, qui mutualise le risque entre tous les emprunteurs de la banque, devient compétitif pour les profils les plus âgés ou fumeurs, précisément ceux que la tarification individuelle pénalise. La délégation n'est pas toujours gagnante, et un courtier honnête le dit.
Les six critères que l'assureur pondère
- L'âge à la souscription : le facteur dominant. Le taux double environ tous les dix à douze ans, et il est figé à la souscription : souscrire à 34 plutôt qu'à 36 ans verrouille le tarif de vos 34 ans pour toute la durée.
- Le statut fumeur : il pèse lourd, souvent 60 à 100 % de majoration. La définition contractuelle est stricte : la plupart des assureurs demandent un arrêt complet depuis 24 mois, cigarette électronique comprise.
- La profession : le travail en hauteur, la conduite professionnelle, les métiers de la sécurité ou du BTP déclenchent des surprimes ou des exclusions selon les compagnies, avec des écarts importants d'un assureur à l'autre.
- L'état de santé déclaré : sauf lorsque le questionnaire médical est supprimé, l'assureur module ou exclut selon les antécédents. La convention AERAS et le droit à l'oubli encadrent les cas les plus lourds.
- Les garanties et la quotité retenues : ajouter l'invalidité permanente partielle ou la perte d'emploi renchérit sensiblement. Une quotité de 50 % sur chaque tête coûte moins qu'une couverture 100 % / 100 %, avec une protection franchement inférieure.
- La durée résiduelle du prêt : elle détermine le nombre d'années cotisées et l'âge que vous aurez au terme. Un prêt qui se termine après vos 65 ans se heurte aux limites d'âge de certains contrats.
Quand le questionnaire de santé disparaît, et ce que cela change au taux
La loi Lemoine a supprimé le questionnaire médical pour une partie des emprunteurs. Deux conditions doivent être réunies simultanément : la part de capital assurée ne dépasse pas 200 000 euros par personne, et le remboursement du prêt s'achève avant le soixantième anniversaire de l'assuré.
Pour un couple, le plafond s'apprécie par assuré. Deux emprunteurs couverts à 50 % chacun sur un prêt de 400 000 euros restent chacun sous les 200 000 euros de capital assuré, et peuvent donc y prétendre alors qu'une couverture à 100 % sur chaque tête les en exclurait.
L'effet sur le taux est double et pas toujours favorable. Un emprunteur avec un antécédent de santé y gagne beaucoup : plus de surprime, plus d'exclusion, plus de dossier médical à instruire. Un emprunteur en parfaite santé, lui, se retrouve tarifé dans un pool où le risque n'est plus sélectionné, ce qui remonte légèrement le taux moyen de ces contrats.
Il reste que la suppression du questionnaire ne supprime pas la déclaration d'âge, de profession ni de statut fumeur. Ces éléments continuent de fixer le tarif, et une fausse déclaration sur l'un d'eux expose toujours aux sanctions prévues par le code des assurances.
Trois vérifications qui valent plusieurs milliers d'euros
Le coût total, pas la mensualité
Demandez le montant cumulé en euros sur toute la durée. Sur un prêt de 250 000 euros à 20 ans, l'écart entre un contrat groupe et une bonne délégation dépasse fréquemment 10 000 euros, une somme qui n'apparaît nulle part quand on ne regarde que la ligne mensuelle.
La date de fin de garantie
Certains contrats bon marché arrêtent la couverture incapacité à 65 ans, voire à la liquidation de la retraite. Si votre prêt court au-delà, vous finissez les dernières années sans la garantie qui vous servait à quelque chose.
La stabilité du taux
Vérifiez si le taux est garanti sur toute la durée ou révisable. Un contrat révisable peut être attractif à la souscription puis se réajuster, ce qui rend la comparaison initiale caduque au bout de quelques années.
Votre taux réel,
chiffré sur votre prêt
Donnez-nous le capital, la durée, votre âge et votre statut fumeur. Nous calculons le coût total sur la durée et le comparons à votre contrat actuel, sous 24h ouvrées.
Taux d'assurance emprunteur,
vos questions
Pour un emprunteur de 30 à 35 ans, non-fumeur et sans antécédent, les délégations se situent le plus souvent entre 0,09 et 0,15 % par an, contre 0,28 à 0,38 % pour un contrat groupe bancaire. Le taux grimpe fortement avec l'âge et double environ tous les dix à douze ans.
Le taux annuel effectif de l'assurance rapporte le coût total de l'assurance au capital emprunté et à la durée du prêt. C'est l'équivalent du TAEG pour le crédit, et le seul indicateur qui permette de comparer deux offres sur la même base. Il doit figurer sur la fiche standardisée d'information que le prêteur vous remet.
Parce que les deux taux ne s'appliquent pas à la même assiette. Un taux calculé sur le capital initial porte sur un montant qui ne bouge jamais, alors qu'un taux sur capital restant dû porte sur une dette qui diminue chaque mois. Ramenez systématiquement les deux offres à un coût total en euros avant de trancher.
Cela dépend du contrat. Beaucoup de délégations garantissent le taux sur toute la durée, d'autres prévoient une révision. Cette ligne figure aux conditions générales et mérite d'être lue avant signature, car un taux révisable rend la comparaison initiale trompeuse.
Non, les deux sont indépendants. L'assurance couvre le risque que vous représentez en tant que personne, le crédit rémunère le risque financier pris par la banque. C'est d'ailleurs pour cela que la loi Lagarde interdit à la banque de modifier le taux de votre crédit au motif que vous choisissez une assurance externe.
Ce n'est pas obligatoire, la seule règle étant que le total des quotités atteigne au moins 100 %. Une répartition 50/50 coûte moins cher, mais laisse le survivant avec la moitié du capital restant à rembourser. Une couverture 100/100 double le coût et solde intégralement le prêt au premier décès. Le bon arbitrage dépend de l'écart de revenus dans le couple.