Le délai court dès la connaissance

Délai de déclaration :
il court dès que vous savez

Le point de départ n'est pas la date d'apparition du désordre, ni celle où l'expert le qualifie. C'est le moment où vous en avez connaissance, c'est-à-dire le jour où votre client vous écrit. Beaucoup d'entreprises perdent des semaines sur ce malentendu.

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Le point de départ

À partir de quand le délai court

Il faut distinguer deux échelles de temps qui n'ont rien à voir. La garantie décennale, d'abord : elle dure dix ans à compter de la réception des travaux. C'est la période pendant laquelle un désordre peut donner lieu à une mise en jeu de votre responsabilité.

Le délai de déclaration, ensuite : c'est le temps dont vous disposez, une fois le sinistre connu, pour en informer votre assureur. Il est fixé par votre contrat et il se compte en jours, pas en années.

Ce second délai court à partir du moment où vous avez connaissance du sinistre. Concrètement, le jour où votre client vous signale le désordre, par courrier, par courriel ou par téléphone. Pas le jour où le désordre est apparu, ni celui où un expert le qualifiera.

C'est la source de la plupart des retards. Une entreprise qui reçoit une réclamation, qui va constater, qui réfléchit, qui espère que le client se calmera, et qui déclare six semaines plus tard, a laissé courir un délai dont elle n'avait pas conscience.

Les réflexes

Comment ne jamais être en retard

Ces cinq réflexes suppriment le problème à la racine.

  • Déclarez dès la réclamation, pas après votre visite : vous pouvez déclarer un sinistre dont vous ne connaissez pas encore l'ampleur. Une déclaration ouvre un dossier, elle ne vous engage sur rien.
  • Datez toute réclamation reçue : conservez le courrier avec son enveloppe, le courriel avec son horodatage. C'est cette date qui fait courir le délai, et c'est elle qui sera discutée en cas de retard.
  • Traitez un appel téléphonique comme une réclamation : un client qui vous appelle vous donne connaissance du désordre. Confirmez par écrit ce qu'il vous a dit, avec la date.
  • Ne subordonnez pas la déclaration à votre analyse : attendre d'avoir déterminé si vous êtes responsable est exactement ce qu'il ne faut pas faire. Ce n'est pas à vous de trancher.
  • Vérifiez votre délai contractuel une fois pour toutes : il figure à vos conditions particulières. Lisez-le en dehors de toute urgence, pas le jour où vous en avez besoin.

Nous ne donnons volontairement aucun nombre de jours sur cette page. Les délais contractuels varient d'un assureur à l'autre et selon le type de garantie. Le seul chiffre qui vaille est celui qui figure dans vos propres conditions particulières.

Les confusions

Les délais qu'on confond

Quatre échelles de temps coexistent dans un dossier de construction. Les mélanger conduit à des erreurs coûteuses.

Repères. Seuls les délais de garantie sont fixés par le Code civil ; le délai de déclaration est contractuel.
DélaiPoint de départCe qu'il détermine
Parfait achèvement, 1 anRéception des travauxPériode pour faire reprendre tout désordre signalé
Bon fonctionnement, 2 ansRéception des travauxPériode couvrant les équipements dissociables
Garantie décennale, 10 ansRéception des travauxPériode pendant laquelle la responsabilité peut être engagée
Délai de déclarationConnaissance du sinistreTemps pour informer votre assureur
Délai de réponse de l'assureurRéception de la déclarationEncadré par le contrat

Les trois premières lignes partent toutes de la même date, celle de la réception. C'est pourquoi le procès-verbal de réception est le document le plus important d'un dossier de construction : sans lui, aucun de ces délais n'a de point de départ certain.

Le retard

Ce qui se passe si vous déclarez tard

Une déclaration tardive n'entraîne pas automatiquement un refus, mais elle affaiblit votre position sur plusieurs plans.

L'assureur peut invoquer le préjudice subi

s'il démontre que le retard l'a empêché de constater ou a aggravé le dommage, la discussion devient difficile.

Les preuves se dégradent

un désordre évolue, un support s'abîme, des travaux sont faits par d'autres. Ce que l'expert aurait vu n'existe plus.

Le client durcit sa position

un client sans nouvelle pendant des semaines passe souvent du courrier simple à la mise en demeure, puis au conseil.

Votre bonne foi est questionnée

le silence prolongé est interprété comme une tentative d'éviter le sujet, même quand ce n'est pas le cas.

Le dossier devient contentieux

ce qui aurait pu se régler par une expertise amiable bascule vers une procédure, plus longue et plus coûteuse.

Les mesures conservatoires n'ont pas été prises

l'aggravation entre-temps peut vous être reprochée directement.

Le rattrapage

Que faire si le délai est déjà dépassé

La pire décision, à ce stade, est de ne rien faire du tout.

  • Déclarez quand même, immédiatement : une déclaration tardive vaut infiniment mieux qu'une absence de déclaration. Le dossier peut être instruit, et rien n'est joué d'avance.
  • Expliquez le retard, sans le justifier lourdement : une explication factuelle et courte. L'assureur apprécie la transparence plus que les circonstances atténuantes.
  • Documentez ce que vous avez fait entre-temps : si vous avez pris des mesures conservatoires ou fait constater le désordre, montrez-le. Cela démontre que le retard n'était pas de l'inaction.
  • Rassemblez les preuves de l'état d'origine : photos prises au moment de la réclamation, échanges avec le client. Elles compensent en partie ce que l'expert ne pourra plus constater.
  • Faites-vous accompagner si l'assureur oppose le retard : sa position doit être motivée. Elle se discute, notamment sur la réalité du préjudice qu'il invoque.

Un point de fond pour finir : ne pas déclarer parce que le délai est dépassé revient à choisir la certitude de n'être pas couvert plutôt que la possibilité de l'être. Aucun raisonnement ne justifie ce choix, et il se retourne toujours contre l'entreprise.

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Questions fréquentes

Questions fréquentes sur les délais de déclaration

À partir du moment où vous avez connaissance du sinistre, c'est-à-dire concrètement le jour où votre client vous signale le désordre. Ce n'est ni la date d'apparition du désordre, ni celle de votre visite sur place, ni celle où un expert le qualifiera. C'est la confusion la plus fréquente et la plus coûteuse.

Ce délai est fixé par votre contrat et varie d'un assureur à l'autre. Il figure à vos conditions particulières. Nous ne donnons pas de nombre ici parce qu'un chiffre erroné serait pire qu'aucun chiffre. Lisez vos conditions en dehors de toute urgence, et notez ce délai quelque part d'accessible.

Oui, et c'est même recommandé. Une déclaration ouvre un dossier, elle ne vous engage sur aucune responsabilité et ne préjuge de rien. Attendre d'avoir constaté, analysé et décidé si vous êtes responsable est exactement ce qui fait perdre le délai. Ce n'est pas à vous de qualifier le désordre.

Non. L'assureur doit motiver sa position, et il peut notamment invoquer le préjudice que le retard lui a causé, par exemple l'impossibilité de constater ou l'aggravation du dommage. Ce préjudice se discute. Déclarez donc même en retard : la certitude de n'être pas couvert est le seul résultat garanti d'une absence de déclaration.

Il vous donne connaissance du désordre, ce qui est le point de départ retenu. Le réflexe à prendre est de confirmer par écrit ce que le client vous a dit, avec la date, puis de déclarer. Cela vous protège doublement : la date est établie, et le contenu de la réclamation est fixé.

Aucun, ce sont deux échelles distinctes. Les dix ans courent depuis la réception et définissent la période pendant laquelle votre responsabilité peut être engagée. Le délai de déclaration court depuis la connaissance du sinistre et se compte en jours. Un désordre survenu la neuvième année reste dans la garantie, mais doit être déclaré dans le délai contractuel.

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