Un an après la réception

Le parfait achèvement :
la garantie la plus large, et la plus courte

Pendant un an, l'entrepreneur doit reprendre tout désordre signalé, sans qu'on ait à discuter de sa gravité. C'est ce qui la rend précieuse, et c'est aussi pourquoi il ne faut pas laisser passer cette année.

Courtier agréé ORIAS n° 21001959
Réponse sous 24h ouvrées
+ de 20 compagnies comparées
Le périmètre

Ce que couvre la garantie de parfait achèvement

L'article 1792-6 du Code civil met à la charge de l'entrepreneur une garantie de parfait achèvement pendant un an à compter de la réception. Elle l'oblige à reprendre les désordres signalés, qu'ils aient été relevés dans le procès-verbal de réception ou constatés ensuite au cours de l'année.

Sa particularité tient à son périmètre : elle ne trie pas les désordres selon leur gravité. Une fissure de finition, un défaut de planéité, une porte qui ferme mal, un raccord mal exécuté relèvent d'elle au même titre qu'un défaut plus sérieux. Là où la décennale exige une atteinte à la solidité ou à la destination de l'ouvrage, le parfait achèvement se contente du désordre.

En contrepartie, elle est courte. Passé un an, elle s'éteint, et les désordres purement esthétiques n'ont plus de garantie derrière eux. C'est ce qui rend cette première année décisive pour un maître d'ouvrage.

Elle ne couvre en revanche ni l'usure normale, ni les conséquences d'un défaut d'entretien, ni les dégradations dues à l'usage. L'entrepreneur répond de son travail, pas de la vie du bâtiment.

Il faut insister sur un point que les maîtres d'ouvrage découvrent souvent trop tard : cette garantie ne se prolonge pas et ne se rattrape pas. Un désordre esthétique signalé treize mois après la réception n'a plus de garantie derrière lui, puisqu'il ne relève ni de la biennale, qui vise le fonctionnement des équipements, ni de la décennale, qui exige une atteinte à la solidité ou à la destination de l'ouvrage. La première année est donc à utiliser pleinement.

La mise en oeuvre

Comment l'actionner correctement

La démarche est simple, mais elle se fait par écrit. Un appel téléphonique ne laisse aucune trace utile.

  • Consignez les réserves à la réception : le procès-verbal est le document central. Tout ce qui y figure doit être repris, et ce qui n'y figure pas devra être signalé ensuite dans l'année.
  • Signalez par écrit tout désordre apparu depuis : courrier recommandé décrivant précisément le désordre, avec photos et date de constatation. C'est ce courrier qui déclenche l'obligation de reprise.
  • Fixez un délai de reprise raisonnable : il se convient entre les parties. En l'absence d'accord, la question se règle selon les modalités prévues au marché.
  • Conservez toute la correspondance : elle établira la chronologie si l'entreprise conteste avoir été informée dans le délai.
  • N'attendez pas la fin de l'année : signaler un désordre le dernier mois laisse peu de marge pour organiser la reprise. Signalez au fil de l'eau.

Un point que beaucoup de maîtres d'ouvrage ignorent : faire reprendre un désordre pendant cette année n'entame en rien vos droits au titre des autres garanties. Si le même désordre réapparaît et qu'il s'avère plus grave qu'on ne le pensait, la question de la décennale reste entière.

Les trois garanties

Où se situe le parfait achèvement

Les trois garanties légales courent en parallèle à partir de la même date. Elles ne couvrent ni les mêmes désordres ni sur la même durée.

Durées fixées par le Code civil, toutes à compter de la réception des travaux.
GarantieDuréeCe qu'elle couvre
Parfait achèvement1 anTous les désordres signalés, quelle que soit leur gravité
Bon fonctionnement (biennale)2 ansLe mauvais fonctionnement des équipements dissociables
Décennale10 ansLes atteintes à la solidité ou à la destination de l'ouvrage

La première ligne est la plus large en périmètre et la plus courte en durée. C'est exactement l'inverse de la troisième. Un maître d'ouvrage averti profite de la première année pour faire reprendre tout ce qui peut l'être, sans avoir à démontrer la gravité de quoi que ce soit.

Les difficultés

Ce qui bloque en pratique

Les mêmes situations reviennent, et la plupart se préviennent au moment de la réception.

Une réception sans procès-verbal

sans document daté et signé, le point de départ devient discutable et toute la chronologie des garanties avec lui.

Des réserves formulées trop vaguement

« finitions à revoir » ne permet pas d'exiger grand-chose. Décrivez le désordre, sa localisation et son étendue.

Une entreprise qui ne répond plus

le recommandé devient indispensable. Il établit que vous avez signalé dans le délai, même sans réponse.

Une entreprise en liquidation

la garantie de parfait achèvement suit l'entreprise. Sa disparition complique sérieusement les choses.

Un désordre à cheval sur deux lots

chaque entreprise renvoie vers l'autre. C'est le cas où le maître d'oeuvre, s'il y en a un, prend toute son utilité.

Un signalement au douzième mois

juridiquement recevable, pratiquement tendu. Le temps de reprise déborde la période.

Côté entreprise

Ce que l'entrepreneur doit organiser

Le parfait achèvement est une obligation contractuelle qui pèse directement sur l'entreprise. La traiter correctement évite qu'un désaccord de finition ne dégénère.

  • Faites établir un procès-verbal de réception sur chaque chantier : daté et signé, avec la liste précise des réserves. C'est votre protection autant que celle du client, parce qu'il fixe le point de départ de toutes les garanties.
  • Traitez les réserves rapidement : une reprise faite dans les semaines qui suivent coûte moins cher qu'un litige qui s'installe sur des mois.
  • Répondez par écrit aux signalements : même pour contester. Le silence se retourne contre l'entreprise et donne au dossier une allure de mauvaise foi.
  • Distinguez ce qui vous incombe de l'usure : vous devez la reprise d'un désordre, pas l'entretien du bâtiment. Expliquez la différence par écrit plutôt que de refuser sèchement.
  • Levez les réserves formellement : un document de levée signé par le client clôt le sujet et évite qu'il ressorte un an plus tard.

Un dernier conseil qui vaut pour les deux parties : la première année après réception détermine largement la qualité de la relation pour les neuf suivantes. Une entreprise qui reprend ses réserves sans discuter voit rarement ses clients aller chercher la décennale pour des sujets qui n'en relèvent pas.

Devis gratuit

Un désordre dans l'année
qui suit la réception ?

C'est la période où vos droits sont les plus larges. Nous vous aidons à identifier la bonne garantie et la bonne démarche, sans frais.

Devis gratuit et sans engagement
Comparaison de + de 20 compagnies
Réponse sous 24h ouvrées
Courtier agréé ORIAS n° 21001959

Vos données sont protégées. Aucun engagement, aucun frais.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur la garantie de parfait achèvement

Un an à compter de la réception des travaux, en application de l'article 1792-6 du Code civil. C'est le procès-verbal de réception qui fait courir ce délai, comme il fait courir ceux de la garantie de bon fonctionnement et de la garantie décennale.

Oui. Elle couvre à la fois les réserves consignées au procès-verbal de réception et les désordres révélés au cours de l'année qui suit, à condition qu'ils soient signalés par écrit à l'entrepreneur dans ce délai. C'est ce qui en fait la garantie la plus large des trois.

Oui, et c'est sa grande particularité. Contrairement à la décennale, elle ne trie pas selon la gravité. Une fissure de finition, un défaut de planéité ou un raccord mal exécuté relèvent d'elle. Passé un an en revanche, ces désordres n'ont plus de garantie derrière eux, ce qui rend cette première année déterminante.

Par écrit, en recommandé, en décrivant précisément le désordre, sa localisation et sa date de constatation, avec des photos. C'est ce courrier qui déclenche l'obligation de reprise et qui établira, si besoin, que vous avez signalé dans le délai.

Conservez la preuve de vos envois recommandés : ils établissent que le signalement a eu lieu dans l'année. Selon ce que prévoit votre marché, une mise en demeure puis une procédure peuvent être engagées. Si un maître d'oeuvre a suivi le chantier, sollicitez-le, c'est son rôle d'intervenir à ce stade.

Non. L'entrepreneur répond de son travail, pas de la vie du bâtiment. L'usure liée à l'usage, les conséquences d'un défaut d'entretien et les dégradations causées par l'occupant ne relèvent d'aucune des trois garanties légales de construction.

Devis gratuit