Malussé, résilié, sinistré

Assurance auto tous risques —
quand votre profil complique tout

Sur un profil sans historique, choisir entre tiers et tous risques est un simple calcul. Après un malus ou une résiliation, la question change : beaucoup de compagnies ne proposent tout simplement plus la formule complète, et celles qui l'acceptent la tarifent au niveau de la valeur du véhicule.

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Le comparatif

Tiers, tiers étendu, tous risques : ce que chaque formule paie

Seule la responsabilité civile est obligatoire. Tout le reste se choisit, et l'écart entre les trois formules porte uniquement sur les dommages subis par votre propre véhicule.

Périmètre courant des trois formules. Les intitulés commerciaux varient d'un assureur à l'autre, seul le tableau des garanties fait foi.
GarantieTiersTiers étenduTous risques
Responsabilité civile (dommages aux tiers)OuiOuiOui
Défense pénale et recoursOuiOuiOui
Vol et incendieNonOuiOui
Bris de glaceNonOuiOui
Catastrophes naturelles et technologiquesNonOuiOui
Dommages tous accidents, même responsableNonNonOui
VandalismeNonSelon contratOui
Garantie du conducteurOptionOptionOption, pas incluse d'office

Retenez la dernière ligne. La garantie du conducteur ne fait pas partie du tous risques par défaut chez la plupart des assureurs : c'est une option distincte. Sans elle, un conducteur responsable d'un accident voit sa voiture réparée et ses propres blessures non indemnisées, ce qui est exactement l'inverse de ce que le mot tous risques laisse imaginer.

La réalité du marché

Pourquoi le tous risques devient difficile après un malus

Le tous risques engage l'assureur sur les dommages à votre propre véhicule, y compris quand vous êtes responsable. Sur un conducteur qui a déjà déclaré deux ou trois sinistres responsables, c'est précisément la garantie que les statistiques de la compagnie désignent comme perdante. La réponse la plus fréquente est un refus, ou une orientation d'office vers le tiers.

Les assureurs spécialisés dans les profils aggravés acceptent plus volontiers, mais avec des contreparties visibles : franchise relevée, parfois multipliée par deux ou trois, plafond d'indemnisation aligné sur la valeur vénale et non sur la valeur à neuf, et parfois une clause de conduite exclusive limitant les conducteurs autorisés.

Une précision qui évite un espoir mal placé : le Bureau central de tarification, saisi quand aucun assureur n'accepte votre dossier, ne peut imposer que la garantie de responsabilité civile, celle qui est légalement obligatoire. Il n'a aucun pouvoir sur le vol, l'incendie ou les dommages tous accidents. Un conducteur passé par le BCT roule donc au tiers, quelle que soit la valeur de sa voiture.

Après une résiliation, le délai compte autant que le motif. Une résiliation pour non-paiement ferme davantage de portes qu'une résiliation pour sinistralité, et le passage du temps sans nouveau sinistre rouvre progressivement l'accès aux formules complètes. Beaucoup de conducteurs reprennent au tiers pendant deux ans, puis renégocient.

Le calcul

Le point où le tous risques cesse d'être rentable

L'arbitrage se fait entre ce que la garantie vous coûte chaque année et ce qu'elle peut vous rapporter au maximum. Ce plafond n'est pas le prix que vous avez payé la voiture, c'est sa valeur vénale au jour du sinistre, déterminée par l'expert de la compagnie.

Prenons un cas concret. Une berline de 2016 estimée 6 000 euros, un conducteur avec un malus de 1,40. Le tiers étendu revient à 850 euros par an, le tous risques à 1 480 euros, avec une franchise dommages de 800 euros. Le surcoût annuel de la formule complète est donc de 630 euros, pour une indemnisation plafonnée à 6 000 euros moins 800 de franchise, soit 5 200 euros.

Il faudrait détruire entièrement le véhicule en étant responsable environ une année sur huit pour que l'opération soit neutre. Sur une voiture de cet âge et de cette valeur, la formule intermédiaire est presque toujours le meilleur choix : elle conserve le vol, l'incendie et le bris de glace, qui sont les sinistres les plus fréquents, et abandonne la seule garantie réellement coûteuse.

Le raisonnement s'inverse dans trois cas. Un véhicule récent ou de valeur, un financement en crédit ou en location avec option d'achat où l'organisme exige la couverture complète, et l'absence totale d'épargne permettant de remplacer la voiture du jour au lendemain. Dans ces situations, le tous risques n'achète pas une rentabilité, il achète une sécurité de trésorerie.

Avant de signer

Les clauses qui changent la valeur réelle du contrat

  • Le mode d'indemnisation : valeur à dire d'expert, valeur de remplacement à dire d'expert ou valeur d'achat majorée. Les écarts atteignent facilement 20 à 30 % sur le chèque final, pour une différence de prime souvent minime.
  • Le montant des franchises : il en existe plusieurs dans un même contrat, une par garantie. Sur un profil aggravé, la franchise dommages tous accidents est le levier que l'assureur actionne en premier pour accepter le dossier.
  • La vétusté appliquée aux pièces : certains contrats déduisent un abattement sur les pièces remplacées. Sur un véhicule de plus de cinq ans, cette ligne peut réduire l'indemnisation de plusieurs centaines d'euros.
  • La garantie du conducteur et son plafond : vérifiez qu'elle est souscrite et regardez son plafond. Un plafond à 150 000 euros n'a rien à voir avec un plafond à 1 million pour une invalidité lourde.
  • La clause de conduite exclusive : fréquente sur les contrats destinés aux profils aggravés. Elle limite la conduite au seul souscripteur, et un prêt de volant même ponctuel devient alors un sinistre non garanti.
  • Le véhicule de remplacement : souvent limité à quelques jours et conditionné à une immobilisation en garage agréé. À vérifier si vous avez besoin de votre voiture pour travailler.
Notre approche

Ce que nous cherchons sur un dossier tous risques aggravé

Les compagnies qui souscrivent vraiment

Une partie du marché refuse les profils malussés sans le dire, en sortant un tarif dissuasif plutôt qu'un refus net. Nous savons lesquelles acceptent réellement la formule complète sur un coefficient supérieur à 1,25, ce qui évite d'accumuler les devis inexploitables.

Le bon arbitrage, pas la formule la plus chère

Sur beaucoup de dossiers, nous recommandons le tiers étendu plutôt que le tous risques après avoir chiffré la valeur vénale. Vendre une garantie que le véhicule ne justifie pas n'a aucun intérêt pour vous et se retourne contre nous à l'échéance suivante.

La sortie du malus organisée

Le coefficient diminue de 5 % par année sans sinistre responsable et revient à 1 après deux ans sans accident. Nous calons le contrat pour que la renégociation intervienne au bon moment plutôt que de laisser reconduire une prime devenue injustifiée.

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Indiquez votre coefficient bonus-malus, le motif d'une éventuelle résiliation et la valeur de votre véhicule. Nous cherchons les compagnies qui acceptent encore la formule complète sur votre profil, sous 24h ouvrées.

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Questions fréquentes

Assurance tous risques,
vos questions

Oui, mais l'offre se réduit fortement et le tarif suit. Les assureurs spécialisés dans les profils aggravés acceptent la formule complète avec une franchise relevée et un plafond aligné sur la valeur vénale. Au-delà d'un coefficient de 1,50 ou après plusieurs sinistres responsables rapprochés, la plupart des compagnies n'accordent plus que le tiers ou le tiers étendu.

Non. Le BCT ne peut contraindre un assureur que sur la garantie de responsabilité civile, la seule obligatoire par la loi. Vol, incendie et dommages tous accidents restent à la libre appréciation de la compagnie. Un conducteur assuré via le BCT roule donc au tiers.

Le tiers étendu ajoute au tiers le vol, l'incendie, le bris de glace et les catastrophes naturelles. Le tous risques y ajoute les dommages subis par votre véhicule lors d'un accident dont vous êtes responsable, ainsi que le vandalisme. C'est cette dernière garantie qui fait l'essentiel de l'écart de prime.

Il n'existe pas de seuil universel, la bonne question portant sur la valeur et non sur l'âge. La règle pratique consiste à comparer le surcoût annuel de la formule complète à la valeur vénale diminuée de la franchise. Quand le surcoût dépasse le quart ou le tiers de ce que vous pourriez récupérer, la formule intermédiaire est plus rationnelle.

Généralement non, c'est une option distincte chez la plupart des assureurs. Sans elle, vos propres blessures ne sont pas indemnisées lorsque vous êtes responsable de l'accident, alors même que votre véhicule est réparé. C'est la garantie la plus importante du contrat pour un conducteur qui roule beaucoup, et la plus souvent oubliée.

Il ne peut pas modifier unilatéralement votre contrat en cours d'année, mais il peut le résilier après un sinistre lorsque cette faculté est prévue aux conditions générales, ou refuser de reconduire la formule complète à l'échéance en ne vous proposant que le tiers. Dans ce cas, le contrat se poursuit sur des bases dégradées si vous l'acceptez, et une mise en concurrence s'impose.

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