Métier du numérique

RC Pro développeur web :
la garantie qui suit chaque mise en ligne

Un bug qui passe en production, une base de données corrompue, un délai qui dérape sur un projet critique pour le client : ce sont des incidents courants dans le développement web, et ils ont un coût réel pour celui qui les subit. La RC Pro d'un développeur répond de ces conséquences quand sa responsabilité est engagée.

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Le principe

ce que la RC Pro d'un développeur web prend en charge

La responsabilité civile professionnelle d'un développeur intervient quand son travail cause un préjudice économique à un client, plutôt qu'un dommage corporel ou matériel classique. Un site qui plante au pire moment, une fonctionnalité qui ne correspond pas au cahier des charges, un projet qui prend un retard qui coûte au client une perte de chiffre d'affaires.

Le bug en production reste le sinistre le plus fréquent. Une mise à jour mal testée qui casse une fonctionnalité critique, une faille de sécurité qui expose des données, une intégration qui échoue au moment d'un lancement commercial important pour le client. La distinction entre bug mineur et faute professionnelle se joue souvent sur la façon dont le développement a été mené et documenté.

La perte de données engage une responsabilité particulière. Une base corrompue sans sauvegarde à jour, une migration mal maîtrisée qui efface des informations client, un serveur mal configuré qui expose des données sensibles : ces incidents ont des conséquences qui dépassent largement le coût du développement initial, et certains clients exigent une garantie spécifique sur ce point.

Le retard de livraison et la propriété intellectuelle complètent le tableau des risques. Un projet qui dépasse largement le délai contractuel peut faire perdre au client une opportunité commerciale chiffrable. Un code réutilisé sans droit, une bibliothèque sous licence incompatible avec l'usage commercial prévu, ou un litige sur la propriété du code livré, engagent votre responsabilité sur un terrain différent, plus juridique que technique.

Les cas concrets

les situations qui déclenchent la garantie

Ces exemples illustrent des mécanismes de garantie. Ils ne décrivent aucun dossier réel.

  • Un bug qui bloque l'activité du client : une mise à jour mal testée casse une fonctionnalité essentielle au moment d'un lancement commercial, et le client subit une perte de chiffre d'affaires mesurable pendant l'interruption du service.
  • Une perte de données lors d'une migration : une base de données mal migrée efface des informations clients sans sauvegarde récente disponible. Le préjudice dépasse alors largement le coût du développement, et la reconstitution des données peut s'avérer impossible.
  • Un retard qui coûte au client une opportunité : le projet dépasse largement le délai contractuel, et le client rate un lancement commercial ou une échéance réglementaire dont dépendait son activité. La preuve du préjudice réel pèse lourd dans l'instruction du dossier.
  • Un litige sur la propriété intellectuelle du code livré : un code réutilisé sans droit clair, une bibliothèque sous licence incompatible avec l'usage commercial du client, ou un désaccord sur qui détient le code une fois le projet livré et facturé.
  • Une faute d'un sous-traitant mandaté sur le projet : vous confiez une partie du développement à un freelance ou une autre agence, et son erreur vous est reprochée par le client final, parce que le contrat a été signé avec vous.

Un point revient souvent dans ce métier : le cahier des charges signé ou l'échange écrit qui en tient lieu. C'est souvent ce document, ou son absence, qui détermine si un désaccord relève d'une faute professionnelle ou d'un simple différend commercial.

Les limites

ce qui reste en dehors de la garantie

Aucun contrat ne couvre tout. Voici les limites qui reviennent chez la plupart des assureurs qui acceptent ce métier.

Exclusions courantes. Les termes exacts figurent dans vos conditions générales, qui font seules foi.
SituationTraitement habituelCe qu'il faut vérifier
Absence de cahier des charges ou de spécificationsFortement discutéLa traçabilité écrite de ce qui a été demandé
Faille de sécurité connue et non corrigéeExclu ou fortement discutéVos délais de correction après signalement d'une vulnérabilité
Absence de sauvegarde des données du clientFortement discutéVotre politique de sauvegarde et sa fréquence réelle
Retard imputable au client lui-mêmeExcluLa chronologie des échanges et des validations demandées
Utilisation d'un code sous licence non commercialeExcluLa vérification des licences des bibliothèques utilisées
Insatisfaction esthétique sans dysfonctionnement réelGénéralement excluUn désaccord de goût n'est pas un sinistre

La deuxième ligne mérite une attention particulière dans un métier où les failles de sécurité se multiplient. Une vulnérabilité signalée et laissée sans correction pendant plusieurs mois expose bien plus qu'une faille découverte et corrigée rapidement.

Le tarif

ce qui fait varier votre cotisation

Nous ne donnons pas de fourchette de prix sur cette page, parce qu'elle serait fausse pour la plupart des lecteurs. Voici en revanche ce que les assureurs regardent.

Votre chiffre d'affaires

réparti entre vos différentes missions, il reste la base de calcul principale de la cotisation annuelle.

La nature de vos projets

site vitrine, application métier, plateforme e-commerce critique : chaque type de projet expose à un niveau de risque différent.

Votre recours à la sous-traitance

confier une partie du développement à des tiers modifie l'exposition au risque, selon leur propre couverture.

Le montant moyen de vos contrats

un projet à fort enjeu financier pour le client expose à un préjudice potentiel plus élevé en cas d'incident.

Vos protocoles de sécurité et de sauvegarde

une politique de sauvegarde documentée et des tests de sécurité réguliers rassurent l'assureur sur la maîtrise du risque technique.

Le montant de garantie retenu

le plafond d'indemnisation choisi et la franchise associée influencent directement le montant de votre prime.

La démarche

ce qu'il faut réunir pour souscrire

Le dossier reste accessible pour ce métier. Ce qui pèse le plus, c'est la clarté avec laquelle vous décrivez vos projets types.

  • Votre extrait d'immatriculation : extrait Kbis ou avis de situation Insee selon votre statut, de moins de trois mois, confirmant votre activité déclarée de développement informatique auprès de l'administration.
  • La description précise de vos prestations : développement sur mesure, intégration, maintenance, hébergement le cas échéant : listez tout, une prestation oubliée n'est pas couverte par le contrat au moment d'un sinistre.
  • Votre chiffre d'affaires et sa répartition : réalisé sur le dernier exercice et prévisionnel pour l'exercice en cours, avec la part de vos plus gros projets si elle est significative dans votre activité globale.
  • Vos habitudes de sous-traitance : précisez si vous confiez une partie du développement à des tiers, à qui, et si ces prestataires sont eux-mêmes assurés pour l'activité qui leur est confiée sur le projet.
  • Votre historique d'assurance : relevé de sinistralité si vous avez déjà été assuré, et motif de résiliation le cas échéant. Une résiliation ne ferme pas le marché.

Si vous développez des projets à fort enjeu pour vos clients, plateforme de paiement, application médicale, gestion de données sensibles, signalez-le clairement. Ce type de dossier se place mieux avec un accompagnement qu'avec une souscription standardisée.

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Questions fréquentes

Questions fréquentes sur la RC Pro développeur web

Non, le développement web n'entre pas dans la liste des activités soumises à une obligation légale de RC Pro. En pratique, elle reste fortement recommandée, voire exigée contractuellement par de nombreuses agences et entreprises clientes avant de confier un projet, parce qu'un bug ou une perte de données peut coûter bien plus que le montant de la mission.

Cela dépend de votre contrat et de la façon dont le bug s'est produit. Si une faute dans le développement ou les tests est retenue, la garantie prend en charge l'indemnisation du préjudice économique démontré par le client, dans la limite du plafond souscrit. Un cahier des charges clair facilite l'instruction du dossier.

Si la perte résulte d'une faute dans la façon dont vous avez géré la migration, la sauvegarde ou la sécurité des données, votre responsabilité peut être engagée et la garantie intervient. Une politique de sauvegarde documentée et respectée renforce fortement votre position en cas de réclamation.

En général oui, devant votre client, parce que le contrat a été signé avec vous. Votre RC Pro peut intervenir si cette pratique de sous-traitance est déclarée au contrat. Vérifiez aussi que vos prestataires disposent de leur propre assurance pour l'activité qui leur est confiée.

La garantie peut intervenir en cas de litige sur l'usage d'un code protégé ou d'une bibliothèque sous licence incompatible avec l'usage commercial prévu. Elle ne remplace pas un contrat clair sur la cession des droits au client, qui reste la meilleure protection contre ce type de litige.

Oui, l'absence d'antériorité n'est pas un obstacle en soi. Les assureurs demandent votre extrait d'immatriculation, la description de vos prestations prévues et vos premiers contrats si vous en avez déjà. Un dossier bien présenté trouve généralement une compagnie disposée à vous couvrir sans difficulté.

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