« Prenez le tous risques, vous êtes professionnel » — le conseil paraît frappé au coin du bon sens, et il est faux une fois sur deux. Le tous risques est un produit financier comme un autre : il a un prix, une valeur assurée et un point de rentabilité. Passé ce point, vous payez chaque année pour protéger une somme que l’assureur ne vous versera jamais. Voici le calcul, posé proprement, et les seuils qui en sortent.
Ce que le tous risques ajoute réellement
Rappel des périmètres. Le tiers couvre votre responsabilité envers les autres — c’est l’obligation légale, étendue au transport onéreux pour un VTC. Le tiers étendu ajoute typiquement le vol, l’incendie et le bris de glace. Le tous risques ajoute l’essentiel restant : les dommages à votre propre véhicule, même dans un accident où vous êtes responsable, ou sans tiers identifié — le pilier de parking, la sortie de route, le délit de fuite adverse.
Ce que le tous risques ne change pas : votre garantie du conducteur, vos passagers, votre responsabilité — tout cela relève d’autres lignes du contrat. Le tous risques protège une seule chose : la valeur de votre carrosserie. La question de sa rentabilité est donc une question sur cette valeur.
Le calcul de rentabilité, pas à pas
Trois nombres suffisent. La valeur vénale de votre véhicule — ce que l’assureur vous verserait en perte totale, soit la cote du marché, pas votre prix d’achat. Le surcoût annuel du tous risques par rapport au tiers étendu — typiquement 600 à 1 200 € en VTC selon profil et véhicule. Et la franchise dommages, qui viendra en déduction de toute indemnisation.
La règle d’arbitrage que nous appliquons au cabinet : quand le surcoût annuel dépasse 8 à 10 % de la valeur vénale nette de franchise, le tous risques cesse d’être rationnel. Exemple chiffré : berline de sept ans cotée 9 000 €, franchise 800 €, surcoût tous risques 900 €/an. La protection réelle maximale est de 8 200 € ; vous la payez 900 € par an, soit 11 % — et ce ratio se dégrade chaque année, la cote fondant de 15 à 20 % quand le surcoût, lui, ne baisse guère. À l’inverse, sur une Model 3 de deux ans cotée 30 000 €, le même surcoût représente 3 % de la valeur protégée : le tous risques s’impose sans débat.
Les seuils pratiques par situation
| Situation du véhicule | Formule recommandée | Pourquoi |
|---|---|---|
| Neuf ou moins de 4 ans, ou financé (LLD/LOA/crédit) | Tous risques | Valeur élevée à protéger ; souvent exigé par le financeur |
| 4 à 7 ans, cote moyenne | Calcul au cas par cas | La zone grise — appliquez la règle des 8-10 % |
| Plus de 7 ans, faible cote | Tiers étendu + conducteur renforcé | Le surcoût protège une valeur résiduelle trop faible |
Cas particulier du financement : en LLD ou LOA, le contrat de location impose presque toujours le tous risques — et la vraie question devient la garantie perte financière, traitée dans notre page LLD/LOA.
Le calcul, fait pour vous, sur votre véhicule
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L’argument VTC qui change le calcul standard
Pour un particulier, perdre sa voiture est un désagrément ; pour un chauffeur, c’est un revenu coupé net. Ce facteur déplace légitimement le curseur : un VTC peut accepter un tous risques légèrement au-delà du seuil théorique si son contrat garantit une indemnisation rapide et un véhicule de remplacement longue durée — car la vraie variable n’est pas seulement la valeur remboursée, c’est le nombre de jours sans rouler. Un tiers étendu économiquement optimal mais assorti d’une immobilisation de deux mois est une fausse économie ; les conditions du remplacement sont donc à lire avec la formule, pas après — le détail dans véhicule de remplacement.
Réduire le coût du tous risques sans en sortir
Si le calcul vous garde en tous risques, trois réglages en réduisent la facture : une franchise réhaussée en cohérence avec votre trésorerie (8 à 15 % de prime en moins), la chasse aux doublons de garanties accessoires, et la mise en concurrence annuelle — sur les formules complètes, les écarts entre compagnies sont encore plus marqués qu’au tiers. La méthode complète d’optimisation est dans réduire le coût de son assurance VTC.
Questions fréquentes
- En tous risques, suis-je indemnisé à mon prix d’achat ?
Non — à la valeur vénale au jour du sinistre, sauf clause « valeur à neuf » limitée aux premières années. C’est précisément pourquoi la rentabilité du tous risques se dégrade avec l’âge du véhicule.
- Le tiers étendu couvre-t-il l’accident dont je suis responsable ?
Il couvre les tiers, jamais votre propre véhicule dans un sinistre responsable — c’est la frontière exacte avec le tous risques. Votre corps, lui, relève de la garantie du conducteur, indispensable dans les deux formules.
- Puis-je changer de formule en cours de contrat ?
À l’échéance sans difficulté, en cours d’année par avenant selon les assureurs. Le bon rythme : recalculer le point de bascule à chaque échéance, la cote du véhicule ayant baissé entre-temps.
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